La colline de la Garde
 

Depuis l’époque la plus reculée, il est certain que la colline de la Garde a attiré l’attention pour la surveillance des côtes. Mises à part les collines plus à l’est et au sud, la Garde est le plus haut sommet de la commune, mais aussi, et surtout, très proche du vieux port qui est situé à environ 1 km à vol d’oiseau. Du sommet de la colline, le regard embrase toute la rade de Marseille et l’on peut ainsi prévenir toute surprise. Les Grecs, mais surtout les Romains l’avaient bien compris et ils utilisaient le site très largement.
Plus tard, en 904, on y découvre un chemin qui part du Plan Fourmiguier (la Canebière) et monte à la « Guardia ». Ce nom est maintes fois écrit dans les chartes de l’abbaye de St Victor. On y lit aussi que les pentes de la colline y étaient recouvertes de vignes et d’oliviers.
Cette fonction de vigie restera très tard à la Garde. "Vers 1300, Marseille est entourée de trois phares : celui de la Garde, celui de Marseille-Veyre, et, en avant du port, celui de Riou. Ils corespondaient aussi avec celui de La ciotat. La nuit, ils étaient éclairés à l'huile et servis par deux gardiens ; trois à Riou.". Plus tard, La Garde fait partie d’un vaste réseau de surveillance des côtes qui va d’Aigues Mortes jusqu’à la Turbie. Les postes proches de la Garde sont ceux de Carry et de Marseilleveyre. Sur un document de 1597, on peut lire les indications suivantes : "De Notre Dame de la Garde, on aperçoit les vaisseaux à une longue distance. Dés qu'un vaisseau est en vue, on hisse un

drapeau blanc sur le fort et selon le côté où on le tourne, il indique si le vaisseau vient d'Italie, d'Espagne, d'Alexandrie, de Barbarie ou d'ailleurs. Si plusieurs vaisseaux se montrent à la fois, on hisse plusieurs drapeaux et quand ils passent à un point déterminé on tire un coup de canon du fort. Pour signaler des galères on hisse des signaux particuliers, des espèces de bouquets, autant qu'il y a de galères, au sommet d'une petite tourelle... Les marchands sont ainsi avertis de l'arrivée des vaisseaux qu'ils attendent et souvent cela leur permet de vendre la cargaison avant que le vaisseau ne soit entré dans le port."
Le poste de vigie sera présent, au moins jusqu’en 1852. Au 18ème siècle c’est la chambre de commerce qui a la responsabilité de la charge des guetteurs.

la vierge
Le sommet du clocher de Notre Dame de la Garde