L'extérieur de la basilique

 

Notre Dame de la Garde est indissociable du patrimoine, du paysage et de l’âme de Marseille. Pourtant son style a fait couler beaucoup d’encre. Il y a opposition des couleurs. La pierre blanche de Calissane (entre La Fare les Oliviers et Saint Chamas près de l’étang de Berre) contraste avec la pierre gris-vert d’Italie. C’est la fameuse Golfalina de Florence. Opposition ensuite pour les formes. Certains peuvent trouver de grandes disproportions à l’édifice. L’architecte H Espérandieu a du construire l’édifice en tenant compte du terrain, très fortement escarpé. La crypte (église basse) est complètement taillée dans le roc. Ce qui nous donne un bâtiment très haut pour sa largeur, et sa silhouette élancée vers le ciel. Et paradoxalement l’ensemble paraît massif, probablement par le style roman de l’édifice.

Roman disons-nous ? Mais alors, quel est ce dôme qui fait penser aux églises d’orient ? Certains y voient Sainte Sophie à Istamboul, ou même Saint Marc à Venise, ou d’autres églises de Syrie. C’est le mélange simple du roman avec l’Orient. C'est le style romano-bysantin.
Le sanctuaire est précédé d’un avant perron construit après la deuxième guerre qui donne accès à un pont-levis. Il est relevé tous les soirs et abaissé le lendemain matin. Comme c'est curieux, un pont-levis dans un sanctuaire ! C'est sans compter avec le fort qui pendant de nombreux siècles cohabita avec l'église. Sept marches nous conduisent à l’entrée de la crypte. On accède alors au grand perron qui donne accès à la basilique. Des tourelles nous rappellent que les militaires étaient présents en ce lieu.

Vue de la place du Clel Edon

Sur le perron, nous sommes accueillis par les deux statues de Ramus, tant décriées par Henry Espérandieu : à gauche le prophète Isaïe et à droite l’apôtre Jean. Nous pouvons observer les traces de balles, entourant la tête de la statue. Ce sont les marques des durs combats de la libération de Marseille. Elles sont restées tout autour de la basilique et témoignent de ces jours difficiles du 25 au 28 août 1944.
Nous arrivons alors au porche, composé de trois baies. Au fond, les portes d’entrée. Elles sont en bronze à deux ventaux et pèsent chacune 1900 kg. Leur décoration est composée de six panneaux avec pilastres et frises dont deux portent le monogramme de Marie dans un cercle de perles. Le tympan du porche est orné d’une mosaïque représentant l’Annonciation et due à Faivre-Duffer.

Le clocher, reposant sur le porche a une hauteur totale de 55 m. Il abrite le bourdon Marie-Joseph qui pèse 8234 kg. Son battant quand à lui pèse 387 kg. Il a été installé en 1845 et il est antérieur à la basilique actuelle. Une petite cloche appelée Marie-Joséphine y a aussi trouvé place. Le beffroi se termine par la terrasse des anges. Quatre anges, sonnant de la trompette, dus au sclupteur Lequesne, sont disposés à chaque angle. Sur cette terrasse prend pied le campanile, haut de 12 m 50 qui supporte la statue de la Vierge Marie.
La statue de la Vierge à l’enfant est due au sculpteur Lequesne. Elle a été réalisée par la maison Christofle en cuivre galvanoplastique. Elle est haute de 9m et pèse 4500 kg. Elle a été posée en 1870.
Sur la droite du porche, nous pouvons aller jusqu’à l’ancienne tour de gué qui est un vestige du vieux fort de François Ier. De là nous avons un magnifique point de vue sur la majeure partie de la ville et sur toute la rade. Du porche nous pouvons faire un tour complet de la basilique. Des bancs en pierre de Barutelle nous permettrons de nous reposer à l’ombre ou au soleil. A l’arrière, nous pouvons observer la sacristie dont la construction est plus tardive. Le bâtiment d’accueil avec le restaurant et la boutique date du début des années cinquante.

Un lutin nous demande de faire silence

La restauration de la basilique

 
Nous sommes le 12 février 1995. Le mistral souffle fort ce matin. Soudain, un éclat de pierre tombe du clocher et s’écrase sur la terrasse nord. Il n’y a pas de blessés.
Le recteur Antoine Bertochi dépêche une équipe en travaux acrobatiques qui purge le clocher. Mais le mal est profond, et bientôt c’est un état complet de la basilique qui est lancé. Un relevé de dix-sept mille huit cents pierres est fait. Et le résultat est accablant : Il faut refaire les abat-son du clocher, et la pierre verte de Florence (Golfalina) doit être changée. Mais où trouver encore la Golfalina ? C’est après trois ans de recherche qu’on découvre un rocher dans le vignoble du Chianti d’où l’on peut extraire cent cinquante mètres cubes de pierres.
Il faut aussi trouver le financement de tels travaux, dont le montant s’élèvera à quelques à six millions sept cent mille euros. Le recteur fait appel à une agence de communication, et c’est ainsi que deux millions d’euros proviendront de dons privés, trois millions six cent mille des collectivités territoriales, le reste venant de différents sponsors.
Les travaux commencent en 2001 et se terminent au milieu de l’année 2004.
Ils ont été longs, mais quel plaisir de pouvoir contempler notre Bonne Mère dans ses nouveaux habits !
Les travaux ne sont pas encore terminés que l’on pense déjà aux suivants, tout aussi importants, à hauteur de quatre millions d’euros environ : Restauration et nouvelle mise en valeur des ex-voto ; nouveaux éclairages ; rénovation des mosaïques ; étanchéité du bâtiment. Ces travaux ont commencé le 2 janvier 2006. Le 1er avril 2007, l'église haute est pratiquement terminée, à la grande joie des pèlerins et visiteurs qui contemplent les nouveaux éclairages qui font étinceler les mosaïques rénovées. Enfin, le 22 mars 2008, la crypte est terminée.