En ce début d’après midi de novembre, nous montons, avec mon épouse, par le Bois Sacré vers la Vierge. L’air est doux, et sur ce flanc de colline abrité, le mistral est tout juste sensible. Le ciel est d’un bleu étincelant. Nous grimpons, tout d’abord dans le bois par de larges escaliers puis, après une courte traversée à flanc de colline, nous arrivons sur la crête ventée et nous devons relever notre col. La Vierge nous ouvre ses bras. Il n’y a pratiquement personne sur l’esplanade, et quand nous pénétrons dans l’église haute, tout s’apaise. Un couple de retraités déambule lentement et en silence dans l’allée de droite. Ils s’arrêtent devant les ex-voto marins et regardent attentivement. Une musulmane, voilée, est assise sur un banc et fixe la Vierge immobile sur son piédestal.
Quelle prière adresse-t-elle à la Bonne Mère ? Sans doute la même que celle des chrétiens qui montent régulièrement. Car Notre Dame de la Garde est universelle et quiconque vient lui demander une grâce pourra être exhaussé. La Bonne Mère est le lieu le plus cher au cœur des Marseillais. C’est celui qui cristallise toutes les peines, tous les espoirs et toutes les joies.
Nous sommes cinq dans la basilique. Seul le sifflement du vent à travers les interstices du bâtiment se fait entendre. La basilique semble voguer dans la tourmente. Mon épouse s’est assise sur un banc. Je prends quelques photos, m'assois un instant à côté d'elle, et regarde, autour de moi, toujours émerveillé. Il est temps maintenant de redescendre. Dehors, la lumière et le vent nous assaillent.

Là haut, la Vierge à l’enfant veille sur Marseille.